Retours d'expériences

Récits techniques de tournage, configurations utilisées, expériences...

Tournage 3D aux USA

Type : Documentaire

Site du film : California dream 3D

Caméras : SI-2K de P+S Technic

Enregistreur : Cinedec

Objectifs : DigiZoom 6-24mm T1.9

RIG : Freestyle de P+S Technic (designé par Philippe Bordelais)

 

Les SI-2K ont je trouve un rendu un peu super16, tant sur ses avantages que ses défauts. Le grain de l'image et sa texture fait penser à du super16, mais aussi le manque de définition sur les plans larges ! Les peaux sont bien rendues. Cette caméra reste assez peu sensible et bruite très vite. Remarque intéressante, en relief, le bruit disparait puisqu'étant différent sur chaque oeil, le cerveau du spectateur le soustrait. Le problème de sensibilité s'est révélé assez handicapant car une caméra peu sensible à laquelle on rajoute un miroir devient une caméra pas sensible du tout !!

Le cinedec est un enregistreur sur disc flash, de la taille d'une grosse brique de lait, et pourvu d'un écran tactile de 7 pouces. Il existe plusieurs versions, certaines équipées d'entrées BNC HDSDI, et d'autres d'entrées "LEMO" SI-2K.  Il est capable de gérer deux flux 2k en CineForm RAW en temps réel, qu'il enregistre dans un ficher qui encapsule les deux yeux. Il peut aussi enregistrer en 12bit non-compressé dans des fichiers *.siv séparé. Pour des raisons de gestion de la post production, nous avons choisit le CinéForm RAW. Avec Néo3D, les plans sont lisibles sous Quicktime ou Finalcut, et on peut appliquer des corrections relief et d'étalonnage qui restent inscrites dans les MétaData. Ces plans corrigés et pré-étalonnés sont lisibles en temps réel et en relief !

Le choix du Cinedec déporté s'avéra être un bon choix puisque le stéréographe, ici Laurent Verduci, pouvait travailler son relief indépendement du cadreur.

La stabilité du Cinedec (qui tourne sous Windows XP) n'est pas parfaite, et dans certaines conditions (froid, poussières, etc.) des plantages sont à observer.

Nous avons eu pas mal de problèmes lors des essais caméras car pour des raisons de budget, nous avions prévu de tourner avec des optiques fixes. (Illumina en loccurence, qui sont carossées en gros comme les vieilles Arri Zeiss super16) Le jeu de ces optiques pose de sérieux problèmes en relief puisque lors d'aller-retour de rattrapage de point, si l'une des deux optiques décentre l'image, on récupère de la disparité (verticale ou horizontale en fonction du jeu) qui change au cours du plan. Il n'est pas envisageable de tourner ainsi ! La question des DigiPrime ou DigiZoom s'est donc posée. Outre la différence de prix entre les deux (la série étant plus cher que le zoom) nous avons opté pour les zooms pour un gain de temps sur le terrain. Puisque lors d'un changement d'optiques, nous sommes obligé de retirer le miroir et pour ce faire de reculer le chariot du Freestyle, et donc de revérifier les disparités du relief ensuite. (Remarque, lorsque nous changeons de focale avec un zoom, un réglage des disparités est aussi nécéssaire mais plus rapide) Pas de zooming possible pendant la prise de vue.

Sur le terrain, le zoom s'est avéré être un bon choix. L'apairage des focales est possible et relativement facile, et pas de changement d'objectifs dans les lieux difficiles qu'impose souvent le documentaire.

Le Freestyle est un RIG relativement léger et plutot bien pensé. Nous avions la chance d'avoir Philippe Bordelais avec nous sur ce tournage. Il a customisé son propre RIG pour qu'il soit parfaitement adapté à nos conditions de tournage. Plusieurs config ont été testées : avec et sans le Cinedec sur le RIG, avec des optiques fixes à faible encombrement, avec des zooms plus longs... Finalement, nous sommes partis avec une config où nous avions un fil à la patte avec le Cinedec déporté sur une sorte de "sac à dos" qu'un assistant portait pour les plans au Stead, et qu'on posait sur un pied de 1000 en plan fixe.

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Yules 3D

Type : Clip vidéo

Caméras : EX3

Objectifs : Zoom Angénieux de Binocle

RIG : Brigger II de Binocle

Le challenge de ce clip résidait dans le plan séquence en 3D !!

Le plan séquence en 3D apporte une difficulté supplémentaire puisque les réglages du relief doivent s'adapter aux distances des premiers plans, aux lointains, etc. et ces derniers changeant beaucoup durant le plan, le relief doit s'adapter en temps réel. Le stéréographe tel un pointeur doit corriger l'entraxe et la vergeance avec remote prévue à cet effet ! Nous avions un retour relief (polarisé) de 54 pouces pour le controle du relief, lequel a été géré par Binocle.

.D'autres photos de plateau par Eva E. Davier.

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